L’Ombre et les Forces Hostiles 


La psychologie des profondeurs constate qu’en chacun de nous réside une ombre héritée d’un passé atavique. Cette ombre est refoulée dans le tréfonds de notre subconscience. Elle est toute l’horreur que l’humanité a vécue, les crimes qu’elle a commis au nom de l’amour, de Dieu, de la liberté, de la patrie. Elle est le plaisir de faire du mal ou de voir tomber une personne ‘qui a réussi’. L’ombre se révèle dans le besoin lugubre de regarder des films empreints de violence, de sexualité débridée, de toute la bestialité refoulée sous les apparences de la convenance. L’ombre se tapit dans le besoin de vivre de fortes sensations, d’éprouver la peur, d’écouter jour après jour des informations qui effrayent, centrées essentiellement sur les désastres, les cataclysmes, l’horreur. L’ombre n’est pas seulement individuelle, elle anime aussi la conscience collective, quand par exemple une collectivité se lève pour s’en prendre à un groupe, une ethnie, un individu. Il suffit d’un porte-parole ingénieux pour manipuler cette force en l’éveillant chez les autres. Quand un tel soulèvement se déchaîne, il est sûr que nous sommes en présence de l’ombre collective qui a besoin de s’acharner, de persécuter, pour relâcher sa noirceur, tissée de frustrations, de jalousie, de convoitise. Le besoin inconscient de faire du mal à autrui est une projection de l’ombre. 

Sri Aurobindo nous révèle qu’en fait l’ombre a une origine bien plus lointaine que la naissance de l’homme sur terre. Elle prend racine dans la Matière, dans le mouvement obscur de l’atome mû comme un somnambule par les forces de l’attraction, de la répulsion, de l’agrégation et de la désintégration. C’est dans la divisibilité des atomes que siège ce qui deviendra l’ombre lorsqu’ils seront animés par la vie pour former des organismes vivants. C’est la naissance de la Vie dans la matière que l’être vital reproduit sous forme d’appétits, de faim. Pour survivre, les organismes séparés soit s’entredévorent soit s’associent. Lorsque le Mental entre sur la scène de l’évolution terrestre, la pensée est soumise au physique et au vital avec lesquels elle s’identifie, préoccupée par la soif d’assouvir les désirs du vital et par la survie du corps. Les balbutiements de l’évolution psychologique résultent de cette influence biophysique dans son mode primaire. Pendant longtemps l’évolution du Mental est sous l’emprise de la vie, le Vital, et de la matière, le Corps, les principes inférieurs que la nature a développés comme base évolutive. Quand finalement l’animal-homme surmonte cet état primitif pour accéder aux sphères plus élevées de l’esprit, la nature non régénérée voile la lumière de l’âme qui, diffuse et confuse, empêche la fusion dans la vérité pure où règne la sagesse. Cela revient à dire que l’ombre nous poursuit même quand nous nous élevons vers le spirituel. Cela peut expliquer l’anomalie de comportement de certains gourous ou sages, malgré leurs connaissances et leur sagesse. 

Bien que l’ombre ait sa racine dans la matière et par ricochet dans l’ego vital, sa véritable résidence est dans les entre-mondes du Vital. Le double mouvement d’Involution et d’Evolution comme explicité dans le yoga intégral de Sri Aurobindo nous montre une complexe réalité interactive entre différents mondes physiques et supra-physiques. La descente involutive de la Suprême réalité voile à chaque échelon descendant son Être et obscurcit sa lumière divine. Ce principe d’obscuration progressive culmine dans le monde de la Matière où la nescience et l’ignorance règnent en absolus. La Matière, dernier principe de l’involution, recèle en germe tous les plans de la réalité qui devront ensuite évoluer successivement depuis l’obscurité initiale : la vie, le mental, le mental supérieur, illuminé, intuitif, puis le surmental, le supramental, et enfin la suprême lumière divine. 

A notre point de l’évolution terrestre, nous sommes établis dans le Mental, principe d’Ignorance, dont la fonction est de rechercher la Connaissance. Il nous reste encore à évoluer dans les plans supérieurs spirituels de la réalité par-delà le Mental. L’entre-monde Vital est le plan vital qui s’est formé lors de la descente involutive avant sa chute dans la Matière qui deviendra le premier principe évolutif. C’est un monde typique, c’est-à-dire qui existe en soi et n’est pas sujet à l’évolution. En revanche, le principe Vital involué dans la matière devra nécessairement évoluer, car ne peut évoluer que ce qui a été involué. Pour ce qui concerne notre sujet, c‘est dans le monde vital que règnent au-dessus de la terre les êtres vitaux et les forces hostiles, bien connus des médiums, dont l’intérêt est d’empêcher la lumière et l’avènement de l’éveil spirituel collectif en interférant avec l’évolution de la terre. 

Cet exposé métaphysique trop bref peut nous aider à saisir la gravité de la situation présente et l’énorme défi auquel notre humanité fait face aujourd’hui. Car le véritable problème n’est ni le Covid ni le vaccin mais le Règne du Mal qui, une fois de plus, essaye de conquérir la terre et d’en devenir le maître. Cela a toujours été l’ambition des êtres hostiles désincarnés qui se manifestent, soit par possession soit par influence subtile, en se servant des humains auxquels ils peuvent communiquer leurs intentions néfastes. Leurs pouvoirs sur nous sont proportionnels à nos faiblesses, à l’ombre individuelle ou collective qui leur donne une ouverture. C’est par nos faiblesses qu’ils agissent malignement. Ces forces hostiles, appelées Asuras dans la tradition védique, sont surtout attirées par ceux qui sont rongés par l’ambition, le pouvoir, et leur prêtent aide en augmentant leur pouvoir et leur succès, donc en flattant leur égo. Machiavel est le parfait théoricien de ces forces hostiles. Il est leur porte-parole tout puissant. Comme à l’époque des sophistes qui parlaient avec éloquence et persuasion du bien, de la sagesse, sans connaître en fait ni le bien ni la sagesse, c’est par le seul emploi des mots utilisés à la perfection que les forces du mal subjuguent leurs auditeurs. Elles prouvent que le vrai est faux et que le faux est vrai : un innocent est exécuté et un bandit médaillé ! Séduire, convaincre, manipuler, gagner par tous les artifices, est tout l’art que Machiavel conseille aux puissants de pratiquer. Pendant que ces nouveaux sophistes attirent notre attention sur des problèmes ‘en apparence’, qui nous occupent jour et nuit, le véritable problème nous échappe. Ainsi, ils arrivent à leurs fins machiavéliques en servant le mal sous le couvert du bien. Le Contrôle devient le geôlier de la liberté, comme on le voit aujourd’hui avec l’obligation de porter un masque et l’acceptation d’un pass comme devise de liberté. 

Ce combat des forces du mal a presque réussi à l’époque du nazisme où l’ombre avait pris un essor collectif dont la justification et le but étaient de purifier la terre de ses éléments impurs. La masse des hommes, comme un troupeau de moutons, avait été convaincue que l’extermination de ces éléments « impurs » innocents était nécessaire et ceux qui ne se conformaient pas à cette idéologie de soi-disant ‘purification’ (on était déjà dans l’insanité sanitaire), devenue loi, étaient à leur tour persécutés. L’ombre a besoin d’une victime pour se projeter et se soulager de tout son refoulement. Avec Hitler, d’un seul coup, des peuples entiers ont basculé dans une hystérie collective où l’horreur devint normale. C’est dans la faiblesse de notre nature égotique que les forces hostiles trouvent un terrain fertile où elles peuvent s’infiltrer et nous influencer.  

Les forces hostiles ont toujours existé et leurs fonctions ou leurs rôles principaux sont d’empêcher l’évolution de la terre ainsi que l’évolution spirituelle qui désarçonnerait l’ego pour le libérer dans la lumière divine. C’est l’ego qui résiste à ce changement et les forces hostiles profitent de notre résistance pour s’immiscer dans notre vie. Car il est vrai que dans la pureté de l’être et l’abnégation de l’ego, aucune force du mal n’a de pouvoir et ne peut entrer sans notre consentement. 

Soyons donc vigilants. Le premier pas est de nous libérer de la peur collective qui est une émotion négative par laquelle les forces adverses nous soumettent à leur joug. Ensuite, il nous faut élever notre taux d’énergie positive en cultivant la joie au quotidien, car la joie et l’amour sont des armes redoutables contre les êtres hostiles. Une autre force puissante est la méditation collective que nous devons mettre en œuvre tous les jours en nous réunissant en esprit sur le plan subtil spirituel. Mais auparavant, il est impératif de chasser de notre nature toute trace d’ombre.  


Edité sur le site dominique-schmidt.fr par Dominique Schmidt, le 26/03/2022

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